61NNBRHKCVLTrois années se sont écoulées depuis la dernière production studio de ce monument que représente Cheap Trick aux States (et ailleurs aussi d’ailleurs…). Trois années, c’est correct pour un groupe qui affiche plus de trente bougies sur un gâteau d’anniversaire. Correct mais long pour les fans… Déjà, de l’extérieur, c’est beau ! Un bel artwork qui rend hommage à l’esprit Cheap Trick. De nombreux qualificatifs pourraient leur être associés mais en aucun cas, « sérieux », « conventionnel » ou « blasé »… Définitivement un groupe à part et ce n’est pas Rockford qui inversera la tendance.Album d’ailleurs, dont le titre est la ville d’où est originaire le groupe et son leader guitariste-compositeur-comique Rick Nielsen qui, mine de rien, fêtera son soixantième anniversaire en fin d’année. Face à une telle institution, le track by track semble incontournable.

Le premier titre « Welcome To The World » fera office d’hymne, ce morceau pas très évolué que l’on retient à la première écoute avec un refrain qui mixe la Pop la plus guillerette à une sorte de chant de Noël. Efficace et surtout, qui donne le ton d’un album festif. « Perfect Strangers » est du Cheap Trick pur sucre ; tout coule de source tellement cela sonne évident après un demi couplet et un demi refrain. Une marque de fabrique, un registre que d’autres ont abordé mais dont la bande à Nielsen reste la référence indéboulonnable. « If It Takes A Lifetime » et un rythme qui faiblit à peine pour nous prouver une fois encore que Robin « l’homme aux 1000 voix » Zander n’a rien perdu de sa superbe. Alors que les chanteurs sont les premiers touchés par les affres du temps, l’éternel playboy semble inoxydable. A noter, comme pour le morceau précédent, quelques arrangements complexes même si cachés derrière l’évidence de la mélodie. Tout est soigné chez ce groupe et Rick Nielsen sait travailler les chansons plutôt que se contenter de simplement les composer. Quatrième titre, « Come On Come On Come On » et le ton se fait de nouveau dur, incisif. Sauvagerie dans le micro, riff basique et efficace, lyrics fédérateurs qui peuvent être scandés très vite en découvrant le morceau. Eh oui, dans cet album, Cheap Trick va pouvoir puiser pour étoffer un répertoire scénique qui ferait déjà pâlir pourtant bon nombre de groupes.

« O Claire » ou quand un niveau déjà élevé s’élève encore de quelques crans. Intemporel, déjà classique, une ballade qui lorgne, vous ne serez pas surpris du côté de l’influence Number One de ces mélodistes que sont Zander et surtout Nielsen. Une sorte de croisement entre le Paul Mc Cartney époque Flowers In The Dirt (pour l’effet sur la voix du premier couplet) et ce même Paulo des 70’s. Douceur, velours, satin, suave, choisissez le terme qui vous convient le mieux Splendide ! Nous repassons du génie pur au bon vieux savoir-faire avec « This Time You Go It » qui transforme un excellent début de disque en album d’une constance rare et il faut bien le reconnaître, pas toujours au rendez-vous des albums précédents, quelle que soit l’époque.

Septième titre, « Give It Away » et toujours ces mélodies accrocheuses. Pas le meilleur titre mais il est impossible que cela déplaise aux fans de ce groupe. Oui mais… Zander est un caméléon. Paul Mc Cartney, il y a dix minutes, John Lennon quand il corse un peu sa voix et Mick Jagger pour le couplet de « One More Day » qui se rappelle au bon souvenir des meilleurs Stones des fins 70’s. Vous savez quand le chanteur lippu prenait (définitivement ?) le contrôle des compos et qu’il se fondait dans les modes de l’époque. Sale, crasseux, Rock quoi… Avec un refrain qui lui, va flirter avec d’autres horizons. Grande réussite.

« Every Night And Every Day », encore un titre qui commence par un refrain. C’est dire si le quatuor est conscient de la force de leurs compos. D’ailleurs, ce morceau avec une structure atypique, semble être un refrain du début à la fin. « Dream The Night Away » ne fera pas partie des moments les plus forts de cet album mais il ferait pourtant l’affaire de beaucoup de groupes avides de simplicité et d’efficacité dans la mélodie. Très agréable à défaut d’être un tube en puissance. « All Those Years » et le même constat que pour le précédent. Une recette vieille de trente ans à laquelle il est bon de regoûter quand elle nous est concoctée par ce grand chef qu’est Rick Nielsen. Le bal s’achève avec « Decaf » qui n’apporte rien de plus à un album qui, comme précisé auparavant, est d’une homogénéité et d’une constance rares pour Cheap Trick.

Largement meilleur que le Special One de 2003, il contient un nombre non négligeable de titres qui feront à coup sûr mouche sur scène. Pour ceux qui auront la chance de les voir live, bien sûr, car il faut reconnaître que sur ce point, il ne nous gâte pas depuis longtemps… Un groupe à part, définitivement…

Tracklist:
1.Welcome To The World
2.Perfect Stranger
3.If It Takes A Lifetime
4.Come On Come On Come On
5.O Claire
6.This Time You Got It
7.Give It Away
8.One More Day
9.Every Night And Every Day
10.Dream The Night Away
11.All Those Years
12.Decaf

Musiciens:
Robin Zander: Chant, guitare
Rick Nielsen: Guitare
Tom Petersson: Basse
Bun E. Carlos: Batterie

Producteur: Cheap Trick

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