mollyhatchet1979Après la sortie de leur premier album, les Floridiens de MOLLY HATCHET n’avaient cessé de tourner à travers les États-Unis. Ils partagèrent la scène avec Bob Seger, UFO, Reo Speedwagon, Angel, et bien d’autres, s’imposant un train d’enfer avec des concerts quasiment chaque jour, et s’adonnant rapidement à une vie de débauche que le succès grandissant et l’ascension du groupe dans les classements des meilleures ventes ne faisaient que favoriser.

Cette vie haletante et dissolue n’empêcha pas le groupe de se remettre rapidement au travail, et « Flirtin’ With Disaster » sortait à peine un an après l’album qui les avait vu percer. Dix nouveaux titres confirmaient tout le bien qu’on avait pu penser de Molly Hatchet en 1978, et même mieux, car le groupe affinait son style en s’éloignant peu à peu de Lynyrd Skynyrd. L’influence est certes encore présente (« One Man’s Pleasure », « Jukin’ City », « Gunsmoke », « Let The Good Times Roll »), et pour cause, le groupe avait trempé dans le même bourbon, fréquenté les mêmes scènes de Jacksonville, il évoluait en outre dans une configuration assez proche à trois guitaristes, et avait qui plus est bénéficié naguère de la bienveillance et des conseils de Ronnie Van Zant en personne. Mais Molly Hatchet s’en démarque entre autre par la singularité de son chanteur Danny Joe Brown qui, en plus d’avoir un timbre original, ponctue son chant de petits grognements qui, loin d’agacer, font partie du charme du groupe.

Le programme de « Flirtin’ With Disaster » est simple : boogie rock à toutes les pistes, pas la queue d’une ballade, quelques touches d’harmonica (Whiskey Man), beaucoup de guitare, et chaleur et bonne humeur à revendre. Mais ledit programme n’est en réalité simple qu’en apparence, car il y a de la recherche dans les compositions, et on le constate on ne peut mieux sur le remarquable « Boogie No More », un morceau qui flirte un peu plus avec le hard rock avec ses riffs plus lourds qu’à l’habitude (qu’on retrouve un peu sur « Good Rockin’ »), et se termine par un long et haletant déluge de guitares dans la pure tradition du genre sudiste. Et on ne saurait conclure ce passage en revue sans évoquer le superbe mid-tempo « Long Time » avec son gimmick de guitare entêtant, qui apporte encore un peu plus de charme à ce grand classique du rock sudiste.

La réponse du public ne sera pas longue à attendre : « Flirtin’ With Disaster » doublera les ventes du premier album. L’avenir s’annonçait radieux pour Molly Hatchet, et pourtant…

Tracklist :
1. Whiskey Man
2. It’s All Over Now (THE VALENTINOS)
3. One Man’s Pleasure
4. Jukin’ City
5. Boogie No More
6. Flirtin’ With Disaster
7. Good Rockin’
8. Gunsmoke
9. Long Time
10. Let The Good Times Roll

Musiciens :
Danny Joe Brown : chant
Dave Hlubek : guitare
Steve Holland : guitare
Duane Roland : guitare
Banner Thomas : basse
Bruce Crump : batterie
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Max Gronenthal (Max Carl) : chœurs
Tom Werman : percussions
Jai Winding : clavier

Producteur : Tom Werman

Label : Epic

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