be6f011028faf311348af29e92125710Après avoir vendu plus de 10 millions d’albums à travers le monde, RATT décidait de tout arrêter en avril 1992, évitant ainsi de se faire ridiculiser par la nouvelle vague métal et grunge. Mais Stephen Pearcy, le chanteur, avait bien préparé sa reconversion, en formant Arcade (avec Fred Coury de Cinderella): un premier album bien pêchu suivi d’une tournée avec Bon Jovi en 1993, et un second, « A/2 », plus sombre, qui aurait dû permettre au groupe de voir l’avenir avec confiance si Epic ne les avait pas lâchement abandonné en cours de route… Puis vint l’épisode Vicious Delite, moyennement convaincant il faut l’avouer, même pour le fan de Pearcy que je suis…

Faisant table rase du passé, Pearcy revient en 1996 avec Vertex, associé au guitariste Al Pitrelli (Savatage, Megadeth, Alice Cooper…) et au DJ japonais Hiro Kuretani, et nous propose un album vraiment surprenant et explosif…mais ô combien difficile d’accès ! En effet, la musique du groupe, complètement en phase avec son époque, développe un métal très agressif à fort relents industriels !! Les riffs de guitare très incisifs de Pitrelli se marient à merveille aux sonorités électroniques qui enrobent la plupart des titres, et la voix de Pearcy, déjà naturellement assez « métallique » et monocorde, prend ici une nouvelle dimension avec les divers « traitements » dont elle bénéficie (« Follow », One like a son », « Fight »,…). Avec « Is justice your peace », on flirte même avec le hardcore (électro bien sur…), vraiment étrange lorsqu’on regarde le CV des 2 musiciens principaux… Alors certes, l’ensemble n’est pas très facile à ingérer (« Synthetic Flesh », « F.T.W »), tandis que la violence est toujours sous-jacente, même dans les moments les plus tempérés (« Time and Time »), mais les mélodies n’ont pas pour autant été oubliées.

Avec Vertex, Stephen Pearcy a pris des risques, en s’éloignant radicalement de ses racines avec ce disque « bruitiste », risques qui au final ne convaincront pas grand monde il faut le dire, excepté peut-être les « fanatiques », et encore…Ce qui est plus surprenant, c’est qu’on retrouve quelques « relents » de ce disque sur pas mal de ses productions solo (notamment les effets sur la voix), sauf bien sur sur le dernier en date au moment où je rédige cette chronique, à savoir « Smash ». Suite à l’échec de Vertex (mais comment aurait-il pu en être autrement ?), on assistera à la première reformation de RATT, la première d’une (trop ?) longue série.

Un disque à part dans la carrière de Stephen Pearcy, mais attention, à ne posséder que pour les plus fervents de ses admirateurs !!

Tracklisting:
1. Follow
2. One like a son
3. F.T.W
4. Synthetic flesh
5. Time and time
6. Is justice your peace
7. Fight
8. Ain’t gonna be
9. Mother Mary
10. Core (ver.1.2.0)
11. One like a son (afternoon greasy food mix) – Japan bonus track

Line up:
Stephen Pearcy: chant
Al Pitrelli: guitare, basse, claviers
Hiro Kuretani: programmations, batterie

Produit par Vertex
Mixé par Stan Katayama

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