autograph1997Comme le destin fatal d’un groupe qui avait si parfaitement incarné la décennie par son état d’esprit festif et léger, la fin des années 80 sentait le sapin pour AUTOGRAPH. Après trois albums écoulés à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires aux États-Unis, la bande de joyeux drilles commençait à se déliter en 1988 avec les départs successifs du claviériste Steven Isham, puis du batteur Keni Richards, partis respectivement former THE PACK (avec Gary Moon, dont les enregistrements ne sortiront qu’au début des années 2000 sous le nom du chanteur, sur l’album « Still Moon » ; Isham rejoindra plus tard VINCE NEIL) et DIRTY WHITE BOY (avec Earl Slick et David Glen Eisley). Ces départs successifs n’empêchent toutefois pas Steve Plunkett, Steve Lynch et Randy Rand de préparer un quatrième album en enregistrant de nouveaux titres qui ne verront pas le jour avant 1997 et la sortie de « Missing Pieces », compilation de démos qu’il convient de juger pour ce qu’elles sont, mais aussi pour ce qu’elles promettaient de devenir.

D’un côté, nous avons le son, disons-le, médiocre, avec beaucoup de saturation dans les basses, et un son de batterie assez peu plaisant. Le fait est qu’on est loin de la limpidité du premier album produit par Neil Kernon. Pour autant, nous ne sommes pas pris par surprise, le groupe comme le label n’ayant jamais cherché à cacher qu’il s’agissait de démos, contrairement à bien de prétendus albums sortis à la même époque chez d’autres labels indépendants bien connus des amateurs. Le simple nom de l’album nous donne du reste une indication sur la nature de ces « pièces manquantes », et le fait est que pour qui aime Autograph, ces pièces manquaient assez cruellement. Car avec des morceaux comme « Heartattack », « Sanctuary » ou encore « Angel In Black » (qui sera exploité au début des années 90 par BANGALORE CHOIR), il paraît indéniable que l’album tape souvent dans le haut du panier du répertoire d’Autograph.

Le style du groupe a cependant quelque peu changé. Nous l’avions déjà constaté sur « Loud And Clear », et ces démos de 1988 et 1989 confirment tout d’abord des choix de production, tournés vers un son plus lourd qu’à l’époque de Kernon. L’évolution est amplifiée par la discrétion des claviers (Sweet Temptation) voire leur totale absence fréquente, comme on peut le constater sur « All Night Long », « Sanctuary » ou encore « Angela ». Choix a priori un peu surprenant pour un groupe qui avait jusqu’à présent beaucoup usé de l’instrument, mais choix vraisemblablement lié au départ de Steven Isham que le groupe avait choisi de ne pas remplacer. On constate par ailleurs des directions musicales inédites, le groupe s’essayant parfois aux rythmiques funk alors en vogue dans le rock (« One-Way Dead-End Street », « All Night Long »), non sans réussite.

A l’édition sortie en 1997 succédera quelques années plus tard une version intitulée « More Missing Pieces », complétée de 7 bonus dont deux chansons inédites (« Nothing To Lose » et « Reason To Rock », le reste étant des démos de « Sign In Please », complétant d’une manière assez accessoire celle de « Turn Up The Radio » déjà présente sur la première édition, un peu comme un cheveu sur la soupe d’ailleurs). Quiconque apprécie Autograph n’aura donc d’autre choix que d’opter pour l’une ou l’autre de ces éditions, l’idée de faire l’impasse sur ces démos étant, pour le fan, et en dépit de leurs imperfections, tout à fait exclue.

Tracklist :
1. All Night Long
2. Heartattack
3. When I’m Gone
4. I’ve Got You
5. One-Way Dead-End Street
6. Sanctuary
7. Sweet Temptation
8. Love Comes Easy
9. Angel In Black (Raw Demo Version)
10. Turn Up The Radio (Raw Demo Version)
11. Angela

Musiciens :
Steve Plunkett : chant, guitare
Steve Lynch : guitare
Randy Rand : basse, chœurs
Keni Richards : batterie
Steven Isham : clavier, chœurs

Production : Steve Plunkett

Label : USG Records

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