56422Après un premier album éponyme qui a lancé la carrière de CACUMEN en 1981, voici le deuxième épisode des aventures de ce quintette allemand qui remet le couvert 2 ans plus tard avec Bad Widow. Et par rapport au précédent album, on note un petit changement au niveau du line-up puisque la basse est tenue par un nouveau musicien. Exit Hans Hauptmann, enter Robert Prskalowicz.

Première remarque : le visuel de ce second album est à la fois plus aguicheur, plus percutant. Et musicalement ? Eh bien, on sent nettement du progrès, du mieux par rapport au précédent album. La voix de Claus Lessmann commence à s’améliorer, s’affiner, les musiciens maîtrisent mieux leur savoir-faire et utilisent à bon escient leur potentiel. Et cette fois, CACUMEN est entré de plain-pied dans les 80’s. Plus convaincant, cet album recèle quelques titres qui font mouche comme les up-tempos « Ain’t Got No Woman », punchy, ravageur, qui secoue furieusement, et « Rescue Me » sur lequel les guitares fusent de partout et la section rythmique pétarade joyeusement. L’énergique et entêtant « Bad Widow », avec la talk-box à l’appui est également fort appréciable, d’autant plus que les solos sont plus aiguisés, plus tranchants, et le morceau est soigneusement travaillé. Autres bons titres, qui témoignent de l’évolution positive du groupe : le mid-tempo intense « Too Old To Rock, très 70’s dans l’esprit, qui se signale par des changements de rythmes impromptus et une jam guitaristique, ainsi que le catchy « Strong Desire », bien dans l’air du temps (de l’époque, hein !).

Ceci dit, s’il y a du mieux, CACUMEN est encore un peu tendre pour atteindre les sommets et doit continuer à travailler dur pour se perfectionner. La ballade « Games Of Loneliness » en est le parfait exemple : elle est assez moyenne, sans envergure et il faut un final plus enlevé, plus hargneux, pour qu’elle capte un tant soit peu l’attention. Mais on sent bien tout de même à travers ce titre comment le groupe alterne le bon et le moins bon. Quand aux autres titres de l’album non mentionnés, ils n’ont rien de mémorables et, justement, ne valent pas vraiment la peine qu’on s’y attarde. Il s’agit essentiellement de brouillons.


Bad Widow met tout de même en avant un groupe qui s’améliore crescendo, même si l’ombre de SCORPIONS plane encore au-dessus de leur tête. L’ensemble reste plaisant, assez convaincant, à défaut d’être un chef-d’œuvre. On constate, notamment, que le son de guitare est au poil. Et, avec du recul, on peut penser que ce disque a servi de point de repère pour affiner l’identité de BONFIRE quelques années plus tard (à l’écoute des albums Fireworks et Point Blank, en comparaison avec cet opus, on comprend mieux certaines choses).

Track-list:

1. Ain’t Got No Woman
2. Bad Widow
3. Games Of Loneliness
4. Broken Man
5. Too Old To Rock
6. You Are My Destiny
7. Tonight
8. Strong Desire
9. I’m Gonna Make It Someday
10. Rescue Me
11. One Night Lover [bonus-track]
12. Bad Widow (live In Berlin) [bonus-track]

Line-up:

Claus Lessmann (chant)
Hans Ziller (guitare)
Horst Maier (guitare)
Robert Prskalowicz (basse)
Hans Forstner (batterie)

Producteur: Hanns Schmidt-Theilsen

Label: Boom Records
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