R-6327281-1416612940-3336.jpegAlors que le retour d’Alice Cooper lui a mis le pied à l’étrier, Kip Winger décide de monter son propre groupe. Pour ce faire, il s’entoure d’une bande de requins de studios. Paul Taylor avait travaillé avec lui au sein du groupe d’Alice Cooper ; Reb Beach avait fait le grand écart en jouant sur des albums d’artistes aussi variés que les Bee Gees ou Twisted Sister ; quant à Rod Morgenstein, il avait fait partie des Dixie Dregs, le groupe de Jazz Rock de Steve Morse (futur Deep Purple) dans les 70’s. Bref autant dire que tous les quatre maîtrisent leur instrument comme personne.

Ce premier album, qui sort en 1988, est parfaitement dans la vague Hair Metal qui sévit alors. Cependant, si les compositions sont accrocheuses, elles se distinguent par une plus grande recherche musicale. Quelques arpèges de guitare acoustique suffisent pour introduire « Madalaine » avant que le riff déboule. Kip Winger s’inscrit directement comme un très bon chanteur. Une voix chaude et sexy ainsi qu’une aisance vocale assez manifeste. Le sens mélodique du groupe, et particulièrement de Winger et Beach, ses deux têtes pensantes, est indéniable. « Hungy » voit le groupe mêler habilement Hair Metal et Rock progressif. Hair Metal pour l’aspect mélodique et la qualité du refrain, progressif par la richesse instrumentale. « Seventeen » sera le titre qui mettra le groupe sur le devant de la scène, mais ce sera aussi celui qui leur donnera l’image d’un groupe pour minettes (il faut dire qu’entre les paroles et le clip mettant en valeur un Kip Winger plus poseur que jamais…). Pourtant le titre est loin d’être qu’une sucrerie et le riff principal est loin d’être à la portée du premier boys band venu.

« Without The Night » est la première ballade de l’album et, avouons-le, pas la plus mémorable même si elle plaira sans doute au public féminin. Quant à la reprise du « Purple Haze » de Jimi Henrix, elle fera certainement grincer quelques dents. Il est vrai que le ton est ouvertement Hard FM, 80’s et un peu froid. C’est en tous cas l’occasion pour le groupe de s’amuser avec Dweezil Zappa, le fils de Frank, comme second soliste. « State Of Emergency » et « Hangin’ On » continuent la recette efficace ‘made in Winger’: gros riffs de guitare, refrain accrocheur, nappes de claviers. Ça passe comme une lettre à la poste et c’est tellement bon. « Time To Surrender » est plus sombre mais tout aussi excellente avec une superbe performance vocale de Kip Winger tandis que le reste du groupe n’est pas en reste. « Poison Angel » est le titre le plus ‘Heavy’ de l’album mais et paradoxalement le moins mémorable. En revanche, l’album finit dans le sublime avec la ballade « Headed For A Heartbreak ». Mais celle-ci n’est pas une ballade plan-plan comme on en a déjà entendu mille, non, il s’agit tout bonnement d’une des meilleures ballades des années 80 !!! Là aussi, on distingue d’agréables racines de Rock progressif. Genesis aurait pu écrire cette ballade (elle pourrait être dans l’esprit de « Tonight Tonight Tonight »), sauf que Winger la rend Hard Rock grâce aux parties de guitares de Reb Beach qui montre qu’il est probablement un des guitaristes les plus talentueux des années 80. A noter enfin que la face B « Higher And Higher », plutôt agréable, a depuis rejoint la tracklist.

L’album connut un joli succès, mais le style ouvertement FM ainsi que le physique scandaleusement avantageux de Kip Winger valut au groupe de ne pas être pris au sérieux par une bonne partie de la scène Metal. Peu de temps après, le clip de « Nothing Else Matter » de Metallica montrerait Lars Ulrich jouer aux fléchettes sur une photo de Kip Winger. La guerre entre Winger et l’intelligentsia du monde de la musique ne faisait que commencer…

Tracklist:
1. Madalaine
2. Hungry
3. Seventeen
4. Without The Night
5. Purple Haze
6. State Of Emergency
7. Time To Surrender
8. Poison Angel
9. Hangin’ On
10. Headed For A Heartbreak
11. Higher And Higher (bonus)

Musiciens:
Kip Winger: Chant et basse
Reb Beach: Guitare et choeurs
Paul Taylor: Guitare, claviers et choeurs
Rod Morgenstein: Batterie et choeurs

Producteur: Beau Hill

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