news-babylonad-revelationhighwayRédiger cette chronique de Revelation Highway, le tant attendu nouvel album de Babylon A.D, ne devait être qu’une formalité pour moi, tant j’adore ce groupe. Les 2 premiers albums sont en effet des incontournables du genre, remplis de pépites hard-us comme je les aime (« Hammer swings down », « Bang go the bells », « Sacrifice your love », « Take the dog off the chain », etc…), avec des riffs canons, des solis bien ébouriffants et la voix reconnaissable entre mille de Derek Davis. Et un premier extrait, « Crash and burn », dans la lignée du 1er album éponyme, et où la voix de Derek apparaît comme miraculeusement intacte 30 ans après les débuts, m’avait mis en confiance…

L’écoute complète du disque va pourtant entraîner quelques surprises…

Mais un petit peu d’histoire avant ça.

Fondé en 1986 mais avec un line-up stabilisé en 1987, c’est sous le nom de Persuaders que débute le groupe. Le line-up compte alors dans ses rangs Derek Davis (v), Ron Freschi (g), Robb Reid (b), James Pacheco (d) et John Mathews (g). Des démos sont enregistrées, le groupe tourne, mais il faudra attendre 1989 pour que sorte le 1er album, qui voit Danny De La Rosa remplacer John Mathews à la guitare et le groupe rebaptisé en Babylon A.D. Beau succès (plus de 500.000 exemplaires vendus aux US). Le second album, « Nothing Sacred », plus recherché, voit le jour en 1992, et malgré de bonnes critiques, ne rencontrera pas le même succès, il faut dire que les temps ont (déjà…) changé… S’en suivront un live, un nouvel album (décevant) au début des années 2000 puis plus rien…

Quelques EP plus tard, le groupe renoue avec la scéne, participant notament à la Monsters Of Rock Cruise de 2015, et l’évidence d’un retour ne fait plus aucun doute…à ma grande joie et des autres fans restés fidéles !!

Revelation Highway voit donc le groupe célébrer ses 30 ans d’existence, qui en profite pour reformer son line-up original (très rare !! ), celui de Persuaders donc, avec le retour à la guitare de John Mathews…

« Crash and Burn » ouvre les hostilités de manière fort réjouissante, c’est un titre très énergique qui aurait pu aisément figurer sur le 1er album, avec son gros son de guitare, les solos qui s’entremêlent et la voix de Derek, comme je le disais plus tôt, parfaitement conservée. On notera juste un son de batterie un peu trop sec, dommage, mais ce titre le fait « graaave » !! « Fool on Fire » continue dans cette bonne lancée, toujours énergique, avec son refrain bien mémorisable et un travail sur les guitares (rythmiques et solos) super intéressant. « One million miles » est un mid-tempo assez rock qui se rapproche plus de l’esprit « Nothing Sacred », avec ses parties acoustiques, mais le refrain, porté par la sublime voix de Derek, emporte la décision sans problème !! Manque juste une production plus léchée et plus riche (on regrettera ,par exemple, Tom Werman, qui avait superbement mis en son le second opus du groupe…).

C’est là que les choses se compliquent, je vous explique…

Lorsque débute « Tears », le doute m’envahit…je connais ce morceau…Hop, un petit tour « lettre B » de ma discothèque pour retrouver le cd de démos de Babylon A.D/Persuaders, et effectivement, « Tears » est bien dans la liste, la version proposée ici ayant été réenregistrée mais pas modifiée. Au final, ce sont 4 titres (sur 10) qui sont en fait des démos de l’époque Persuaders, ce qui enlève tout de même un peu d’intérêt à ce nouvel album…qui n’en est plus totalement un !! Ces 4 titres, qui, signalons le, n’ont pas étés retenus à l’époque pour figurer sur le 1er album (pas assez bons ??) sont de qualité variable, « Tears » et « Last time for love », dans une veine plus FM, étant, de loin, les moments faibles du disque…dommage !! Alors que « She likes to give it » (sauvé par son refrain) et surtout « I’m not good for you » se mettent au niveau, forcément hard-us à fond (attention, la mélodie du solo sur le refrain de « I’m not good for you » risque de vous rester un long moment dans la tête !! ).

3 compositions récentes complètent donc le tracklisting, « Rags to riches », très heavy-rock, sans atteindre des sommets d’originalité, ainsi que « Saturday night » et « Don’t tell me tonight », qui clôturent l’album sur une touche très hard-us 80’s, façon hymne à hurler en concert pour le premier, à crier dans sa voiture le coude sur la portière et en tapotant le volant pour le second !!

Bilan ? Un très beau retour, on sent le groupe affûté et prêt à en découdre, avec des musiciens au top, la voix de Derek qui n’a pas changé et c’est tant mieux, mais la production beaucoup trop sèche (batterie surtout) et manquant du côté « larger than life » qui sied à ce genre de musique, ainsi que la présence de 4 titres déjà connus pour les fans, tempèrent un peu mon enthousiasme. Revelation Higway restera donc un (bon) ton en dessous de ses 2 intouchables prédécesseurs (j’omets volontairement American Blitzkrieg) alors qu’avec un peu plus de moyens, il aurait pu les égaler…voire les dépasser !!

Tracklisting:
1. Crash and Burn
2. Fool On Fire
3. One Million Miles
4. Tears
5. She Likes To Give It
6. Rags To Riches
7. Last Time for Love
8. I’m No Good for You
9. Saturday Night
10. Don’t Tell Me Tonigh

Line-up:
Derek Davis – Chant
John Mathews – Guitare
Ron Freschi – Guitare
Robb Reid – Basse
Jamey Pacheco – Batterie

Label: Frontiers

 

 

 

 

 

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