52127529Je viens de réaliser un exploit !! Oui, un exploit, car pour bien préparer la chronique de ce Smash, 4eme album solo de Stephen Pearcy (RATT, Arcade,…), j’ ai décidé de re-écouter ses 3 précédents efforts et comment dire… pas facile !! Car entre métal alternatif, indus, et un petit zeste de heavy-rock tout de même, difficile de retenir quelque chose de vraiment intéressant !! Alors autant le dévoiler tout de suite, quasiment plus rien de tout cela dans ce nouvel album, et c’est tant mieux !!

Il faut dire que Pearcy a pris son temps, en peaufinant chaque titre jusqu’à obtenir (selon lui…) le meilleur résultat, et en s’entourant d’un line-up solide, qui l’accompagne en concert depuis quelques années maintenant (Erik Ferentinos (guit.), Greg D’Angelo (batt.) (ex-White Lion), ainsi que Matt Thorn (bass.) et Chris Hager (guit.) qui ont fait parti avec Pearcy de Mickey Ratt au tout début des années 80).
L’album s’ouvre de manière étrange avec « I know I’m crazy », un titre mid-tempo lancinant et à l’atmosphère un peu sombre, mais qui s’avère être au final une des réussites de ce disque, avec son refrain entêtant et surtout son superbe et puissant solo. Le son est brut mais plutôt correct, pas trop compressé, les guitares bien en avant, presque trop au détriment de la voix de Pearcy, mais ça passe super bien. On continue sur du positif avec « Ten Miles Wide », titre le plus « Ratt » et probablement le meilleur du disque, avec un joli travail sur les voix du refrain qui vous rentre instantanément dans la tête !! Magnifique solo là aussi, bref, jusque là, rien à redire…
La suite, hélas, sera, selon moi, plus irréguliére, et aura du mal à retrouver le niveau de ces 2 titres introductifs… Ainsi, « Shut down baby » , qui posséde un feeling trés « zeppelinien », l’une des influences déclarée de Stephen, mais auquel il manque le petit « truc en plus » pour le rendre captivant, « Dead roses », plus métal, qui renoue un peu avec les premiéres productions solo de Stephen, mais rien de grave (ouf !), et enfin « Lollipop » , sorte de croisement entre « Way Cool Jr » et « All or nothing » (et donc au feeling trés Aerosmith…), défilent, mais sans donner le grand frisson…
Retour au « métal » avec « Hit me with a bullet », qui affiche une autre influence majeure de Stephen, à savoir Judas Priest, surtout au niveau du phrasé des couplets, mais là aussi, même si c’est bien fait, il manque la petite étincelle qui fait que…(un refrain plus travaillé et accrocheur aurait sans doute changé la donne…).
Rien à voir par contre avec une autre réussite du disque selon moi, avec ce « Rain », titre écrit en hommage à sa soeur disparue en 2014 (je m’en souviens encore…), où l’émotion de Stephen Pearcy est palpable, et nous montre que le bonhomme est encore capable en 2017 de nous surprendre avec sa voix, bien plus versatile d’ailleurs que ce que la majorité des gens pensent.
Retour à du plus classique avec « Want too much », assez Ratt, et surtout au refrain qui vous rentre bien dans la tête !! « What do ya think » renoue avec les influences Led Zep de Pearcy, et ce titre passe plutôt bien au final.
Ceux qui attendent que Pearcy fassent du Ratt, même en solo, seront satisfaits avec « Jamie » et son refrain à la mélodie calquée sur l’excellent « Can’t wait on love » (Detonator), ses riffs et son solo bien sentis, ainsi que par le 1er single qui a été extrait de Smash, à savoir « I can’t take it », seul titre du disque mixé et masterisé par Beau Hill (producteur emblématique de RATT et de quelques autres pointures des 80’s). Ceci dit, et pour être honnête, ce titre, bien que plutôt efficace, confirme surtout que Beau Hill ne sait pas produire la voix de Pearcy, et la désagréable impression de se retrouver après la sortie de « Reach for the sky » en 1988, album à mon avis massacré par la production et le mix de ce même Beau Hill. Juste un souhait pour moi, que si RATT sort un nouvel album, et bien que surtout Beau Hill ne le produise pas !!
« Passion Infinity » est encore un titre à l’ambiance différente, assez rock, mais qui passe bien au final.
Et l’album de s’achever sur « Summer’s end », une (power ?)-ballade assez 70’s qui me laisse un peu dubitatif, ce genre n’étant clairement pas celui où Pearcy réussit à être le plus convaincant…

Alors le bilan me direz-vous ? Du bon et du moins bon, c’est sur, une variété dans les styles abordés (à la différence de RATT) qui forcément ne permettra pas de faire l’unanimité (y compris auprès de votre serviteur), et un album qui ne convaincra pas non plus les détracteurs habituels du sieur Pearcy !! Mais au final, sans l’ombre d’un doute, le meilleur album solo de Stephen Pearcy, il a beaucoup travaillé dessus, a voulu laisser s’exprimer sa créativité mais aussi ses influences, et on ne peut que le féliciter pour ça. Il nous rassure aussi sur ses capacités vocales, finalement encore assez convaincantes, et parvient même à nous émouvoir (« Rain »), chose qui arrivait rarement auparavant, même du temps de la splendeur de RATT…Et puis enfin, ce disque met en lumière tout le talent de Erik Ferentinos, son fidèle guitariste qui le suit depuis ses débuts en solo, qui a co-écrit tous les titres, et délivre ici quelques riffs et surtout des solos qui viennent admirablement enrichir l’album, bravo !!
Et pour la suite ? Et bien il n’y a plus qu’à attendre le prochain album de RATT, que Pearcy, De Martini et Croucier de nouveau réunis sont en train de nous préparer…j’en salive déjà !!

Tracklisting

1. I Know I’m Crazy
2. Ten Miles Wide
3. Shut Down Baby
4. Dead Roses
5. Lollipop
6. Hit Me With A Bullet
7. Rain
8. Want Too Much
9. What Do Ya Think
10. Jamie
11. I Can’t Take It
12. Passion Infinity
13. Summer’s End
14. What Do Ya Think (acoustic version) bonus track Japan

Line-up:
Stephen Pearcy: chant
Erik Ferentinos: guitare
Chris Hager: guitare
Matt Thorr: basse
Greg D’Angelo: batterie

Label: Frontiers

Produit par Matt Thorn, Stephen Pearcy, Erik Ferentinos.

 

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