judas-priest-british-steel-7f438dcd-f35c-4326-a8e9-f3089d79fed9Durant la seconde partie des années 70, Judas Priest, en combinant la flamboyante de Led Zeppelin à la lourdeur de Black Sabbath, a peu à peu établi ce qui seront les standards du Heavy Metal: voix aigüe, riffs d’aciers, lourdeur rythmique et solos aiguisés. Et puis, il y a bien sûr le look cuir clouté qu’ils adopteront et deviendra l’uniforme de tous les métalleux. Mais c’est avec ce British Steel, leur sixième album, qu’ils entrent enfin au panthéon du Rock. Hell Bent For Leather (connu initialement sous le titre Killing Machine), leur album précédent avait déjà montré une tendance à des morceaux plus courts et directes, plus disposés à sortir en singles. British Steel continue dans cette voie, qui est aussi déterminée par l’arrivée du batteur Dave Holland (ex Trapèze, le groupe de Glenn Hughes) dont le style plus binaire que ses prédécesseurs convient parfaitement au nouveau format. Son arrivée apporte enfin un line-up stable au groupe, habitué jusque-là à la valse des batteurs, puisqu’il ne les quittera qu’au début des années 90.

Après un premier titre, « Rapide Fire » qui, comme son nom l’indique, déboule à tout allure (les groupes de Thrash doivent sans conteste beaucoup à Judas Priest), « Metal Gods », premier classique de l’album, convainc immédiatement l’auditeur avec son riff imparable et son tempo lancinant. C’est bien simple, ce titre deviendra le surnom du Priest et plus particulièrement de Rob Halford. Mais avec « Breaking The Law » c’est véritablement l’un des titres les plus emblématiques du Heavy Metal et l’un des meilleurs titres du groupe qui nous explose à la figure. Un riff immédiatement identifiable, un refrain imparable. Pas de solo (il n’apparaîtra qu’en live en remplacement de la sirène de police). Droit au but. Le mi-tempo « Grinder » est un morceau typique de Judas Priest, rythme binaire, riff simple et efficace. Moins connu que le précédent, il fut cependant un incontournable live en son temps. L’intérêt que le groupe porta à « United », tentative assez ratée d’écrire un hymne, est en revanche moins compréhensible.

« You Don’t Have To Be Old To Be Wise » est un titre Heavy Metal assez basique. Pas original pour un sous, mais pas désagréable. Avec « Living After Midnight », Judas Priest nous offre le troisième classique de l’album (mais sans doute aussi celui qui lasse le plus vite) avec un refrain taillé pour être chanté en coeur et une batterie qui pousse à lever le poing. On est en droit malgré tout de préférer « The Rage », titre pas pas souvent mentionné lorsqu’on parle du Priest, qui est un petit bijou avec ses alternances de riffs façon Reggae et de gros accords Heavy. « Steeler », avec son rythme rapide et ses déluges de guitares clôt l’album de très bonne manière. Un autre titre qu’il conviendrait de redécouvrir.

Comme sur les albums précédents, Rob Halford démontre qu’il est véritablement l’une des plus grandes voix du Heavy Metal avec un style qui lui est propre et qui rivalise avec ses aînés Robert Plant et Ian Gillan sur le plan des montées dans les aigües. Et puis il y a la paire de guitaristes formée par Glenn Tipton, le soliste principal au style technique et flamboyant, et KK Downing, au jeu plus agressifs. Deux approches complémentaires et absolument indissociables de l’esprit du groupe. Si certains regretteront le jeu aérien de Les Binks, le batteur précédent, et accueilleront chaleureusement le redouble technicien qu’est Scott Travis, il n’en reste que Dave Holland effectue un très bon travail à la batterie. Enfin, n’oublions pas Ian Hill dont la basse sera peu à peu mise en retrait mais dont le travail reste efficace, comme le prouve le riff accrocheur qu’il effectue sur « The Rage ».

Avec British Steel, Judas Priest entre complètement dans la cour des grands et accède à une renommée internationale. L’album sera un succès en Europe et les propulsera sur le devant de la scène aux côtés de Motörhead, comme le renouveau d’un genre que certains croyaient moribond. Ce succès sonne aussi d’une certaine manière la fin de l’éphémère vague Punk et prépare le terrain pour les groupes de la NWOBHM tels qu’Iron Maiden et Saxon.

Tracklist:
1. Rapid Fire
2. Metal Gods
3. Breaking The Law
4. Grinder
5. United
6. You Don’t Have To Be Old To Be Wise
7. Living After Midnight
8. The Rage
9. Steeler
10. Red, White And Blue (bonus)
11. Grinder [live] (bonus)

Musiciens:
Rob Halford: Chant
K.K. Downing: Guitare
Glenn Tipton: Guitare
Ian Hill: Basse
Dave Holland: Batterie

Producteur: Tom Allom